
La prévention dans ton assiette
Le cancer et tes choix alimentaires
L'OMS classe la viande transformée comme cancérogène du groupe 1, soit la même catégorie de risque que le tabac. Mais l'histoire ne s'arrête pas là : elle ne fait que commencer.
Le verdict
Le jour où l'Organisation mondiale de la Santé a tranché
Le 26 octobre 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l'OMS a publié une déclaration qui a provoqué une onde de choc sur Internet. Après avoir examiné plus de 800 études épidémiologiques, un groupe de travail de 22 experts scientifiques venus de 10 pays a unanimement classé la viande transformée comme cancérogène du groupe 1 — la même catégorie de risque que le tabac et l'amiante. La viande rouge a quant à elle été classée dans le groupe 2A, « probablement cancérogène pour l'homme ».
La relation dose-réponse est sans équivoque : chaque portion supplémentaire de 50g de viande transformée consommée quotidiennement — soit l'équivalent d'environ deux tranches de bacon ou d'un hot-dog — augmente le risque de cancer colorectal de 18 %. Pour une personne en consommant 100g par jour, le risque grimpe de 36 %. Pour 150g, il atteint 54 %.
Cette classification ne signifie pas que la viande transformée est aussi dangereuse que le tabac : l'ampleur du risque par personne est bien plus faible. Elle signifie que la qualité des preuves démontrant qu'elle cause le cancer est tout aussi solide. C'est une distinction cruciale, que les campagnes de désinformation financées par l'industrie s'efforcent de brouiller depuis dix ans.
« L'alimentation est responsable d'environ un tiers de tous les cancers. C'est la même proportion que le tabac, et c'est un levier que nous pouvons actionner trois fois par jour. »
À voir
Comment les cellules cancéreuses réagissent au contenu de ton assiette
Par type de cancer
Les cancers où l'alimentation a le plus d'impact
Tous les cancers ne réagissent pas de la même manière aux changements alimentaires. Les preuves les plus solides et les plus cohérentes concernent les cancers du système digestif (colorectal, estomac, pancréas) et les cancers hormonodépendants comme ceux du sein et de la prostate, pour lesquels la consommation de produits laitiers et de viande transformée montre des associations claires au sein des plus grandes cohortes.
Cancer colorectal
Le cancer le plus fortement lié à l'alimentation. La viande transformée augmente le risque, tandis que les fibres des céréales complètes, des légumineuses et des légumes le réduisent. Les personnes végétariennes présentent une incidence d'environ 40 % inférieure dans la cohorte EPIC-Oxford.
Cancer du sein
Un apport élevé en fibres et faible en graisses saturées est protecteur. L'étude Adventist Health Study a révélé que les femmes véganes avaient un risque de cancer du sein inférieur de 22 % par rapport à leurs homologues omnivores, même après ajustement en fonction du poids corporel.
Cancer de la prostate
La consommation de produits laitiers est le facteur de risque alimentaire le plus régulièrement identifié. Des études montrent un risque de cancer de la prostate avancé 2 à 3 fois plus élevé chez les plus grands consommateurs de produits laitiers par rapport aux plus faibles.
Estomac et pancréas
La viande transformée, les aliments très salés et l'alcool sont des facteurs de risque. À l'inverse, les fruits, les légumes et le thé vert apparaissent systématiquement comme protecteurs dans les études internationales.
| Metric | Aliments protecteurs | Aliments à risque |
|---|---|---|
| Légumes crucifères (brocoli, kale) | ↓ plusieurs cancers | — |
| Céréales complètes et légumineuses | ↓ colorectal, sein | — |
| Baies et fruits riches en polyphénols | ↓ dommages oxydatifs à l'ADN | — |
| Viande transformée (50g/jour) | — | ↑ colorectal (+18 %) |
| Viande rouge (100g/jour) | — | ↑ colorectal (+17 %) |
| Produits laitiers (consommation élevée) | — | ↑ prostate (stade avancé) |
| Alcool (tout type) | — | ↑ sein, bouche, foie |
Les mécanismes
Comment les plantes combattent la progression du cancer
Le cancer est, fondamentalement, une maladie caractérisée par des dommages à l'ADN et une croissance cellulaire incontrôlée. L'alimentation végétale intervient à ces deux niveaux. Les mécanismes en jeu sont concrets, biochimiques et de mieux en mieux compris.
Réduction des risques observée chez les personnes véganes (vs témoins omnivores) dans les grandes études de cohorte
Fibres et microbiote intestinal
Les fibres solubles nourrissent les bactéries intestinales productrices de butyrate, un acide gras à chaîne courte qui freine la croissance des tumeurs dans le côlon. Les aliments d'origine animale ne contiennent aucune fibre.
Antioxydants
Les polyphénols, caroténoïdes, flavonoïdes et la vitamine C neutralisent les radicaux libres avant qu'ils ne puissent endommager l'ADN. Les végétaux en sont la seule source significative.
Détoxification cellulaire
Les légumes crucifères (brocoli, kale, chou) activent les enzymes hépatiques de phase II, qui éliminent les substances potentiellement cancérogènes avant qu'elles ne se lient à l'ADN.
Paroles d'expert
Dans l'assiette d'un chercheur sur le cancer
“« Aucun aliment ne peut à lui seul prévenir ou causer le cancer. Mais sur toute une vie, l'ensemble de nos choix alimentaires envoie un signal puissant et cumulatif à nos cellules. Adopter une alimentation végétale est l'une des démarches les plus solidement étayées par la science que nous puissions entreprendre pour réduire notre risque. »”
Questions fréquentes
Les questions que tu te poses
La plupart d'entre nous ne choisissons pas d'avoir un cancer. Mais nous choisissons ce que nous mangeons.
Ce choix, répété sur des décennies, est l'une des décisions les plus importantes que tu prendras pour ta santé.